On connaissait Roomba, le robot aspirateur, que j'ai moi-même la chance de posséder (voir présentation ICI), il y a eu ensuite Scooba, son petit frère qui lave le sol. Maintenant, vous avez Braava, le petit dernier qui passe la lingette :-) Mais quelles sont les réelles différences entre ces robots ? Sont-ils complémentaires et faut-il les collectionner comme des cartes Pokemon pour espérer avoir une maison impeccable ? Voici une petite présentation des caractéristiques de chacun de ces spécialistes du nettoyage.

RoombaRoomba, le Robot-aspirateur de sol

Principe : Le Roomba est un robot qui a la forme d’une soucoupe volante avec des petites roues. Assez massif, lorsqu’on le tient dans les mains, il est tout de même d’une bonne taille et d’un poids considérable. Une simple pression sur son gros bouton central et le voilà partie à l’assaut de la saleté dans votre maison. Il possède des brosses sous son ventre pour guider la poussière au fond de son bac, mais également une petite brossette en forme d’hélice sur le côté afin de déloger les saletés dans les coins et le long des plinthes. Saletés qu’il ramène vers le centre de la pièce où il pourra plus facilement nous en débarrasser. Rien ne lui échappe, ou presque. Il est doté de capteurs qui lui permettent, non seulement de détecter les miettes et la poussière, mais également les meubles et les obstacles présents dans la pièce. Un pare-chocs lui permet d’amortir les coups contre les objets qu’il n’aurait pas repérés. Lorsqu’il considère son travail comme achevé, il retourne seul à sa base pour s’y faire recharger en attendant que vous ayez à nouveau besoin de lui. Son bac, dépourvu de sac, se vide très facilement au-dessus de la poubelle et se replace avec la même facilité sans avoir besoin de bouger le robot de son socle.

En pratique : Même s'il est atrocement bruyant, c’est tout de même un vrai bonheur d’entendre Roomba nettoyer une pièce lorsque vous-même êtes retenus par une autre activité (par exemple : la vaisselle). On a immédiatement l’impression d’aller deux fois plus vite dans les tâches ménagères avec un compagnon sur lequel on peut vraiment compter. Pour cela, il suffit de débarrasser la pièce à nettoyer des objets qui pourraient gêner Roomba (il faut penser qu’il ne pourra pas, par exemple, pousser la table basse ou soulever les chaises, c’est donc à vous de faire en sorte que l’espace soit le moins surchargé possible afin que son nettoyage soit optimal). Ensuite, vous n'avez plus qu'à l’amener dans la pièce souhaitée et de l’y cantonner, soit en refermant les portes, soit en utilisant les murs virtuels, ces boitiers noirs permettant d’émettre un signal que Roomba détecte et l’obligeant à ne pas s’approcher de l’endroit. Ces murs virtuels, justement, sont assez pratiques si vous avez des escaliers ou des trous dans votre plancher – je pense notamment aux étages qui n’ont pas forcément de rambarde – car, même si Roomba est normalement capable de détecter les aléas du sol, et ainsi d’éviter de se suicider, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans le feu de l’action… Bref, il ne vous reste plus qu’à appuyer sur le gros bouton « Clean » et de laisser votre Robot s’occuper du reste. On peut alors voir son robot s’adapter à la surface à nettoyer, en montant et descendant d’un tapis, ou en passant d’un type de sol à un autre. Si vous prenez le temps de l'observer, vous verrez que le petit bolide s’affaire : Il ralentit et s’acharne sur les zones qu’il repère comme très sales, ou accélère dans les espaces qu’il considère comme propres ou déjà nettoyés.  Lorsqu’il aura terminé, il émettra une musique pour vous prévenir ou, si vous ne l’avez pas enfermé, retournera seul jusqu’à sa base pour se faire recharger.

J’avais déjà consacré un article à mon propre Roomba, ancien modèle 531, qui fonctionne toujours parfaitement bien. Depuis, IRobot a non seulement élargi sa gamme mais également amélioré les performances de ses petits aspirateurs en développant la série 600 (620 à 660) ainsi que la série 700 (760 à 790). Quelle est la différence entre ces différents modèles ? La réponse est simple : le prix !! Mais pas que… En fait, plus on monte dans la gamme, plus le robot est non seulement perfectionné mais également gadgétisé. L’entrée de gamme actuelle est déjà très bien : il s’adapte à toute surface, est spécialisé dans les poils et les cheveux (ce qui n’était pas encore le cas de mon propre robot). Le milieu de gamme est programmable, ce qui veut dire que vous pouvez prévoir le jour et l’heure du nettoyage complet des pièces de votre maison pour, par exemple, profiter de votre absence au travail ou en courses pour que votre robot s’affaire. Les plus hauts de gamme y ajoutent une télécommande, une interface entièrement tactile et un pare-chocs mou.

(+) Efficace, rigolo, rapidement indispensable
(-) Bruyant

Scooba

Scooba, le Robot-laveur de sol

Principe : Dans la même lignée que le Roomba, le petit frère Scooba est également un robot circulaire doté de petites roues lui permettant de se déplacer aisément dans la maison. Une simple pression sur son bouton central (ou le petit bouton power sur les nouveaux modèles) et le voilà parti à l’assaut des tâches qui maculent vos parquets, carrelages et lino en tout genre. Il dépose sa solution de nettoyage, passe ses brosses sur la zone avant que la raclette ne récupère l’eau sale pour l’évacuer dans un bac de récupération. Le principe est donc d’avoir toujours une eau propre afin de se débarrasser des bactéries, germes et autres saletés dégoutantes.

En pratique : Les nouveaux modèles, bien plus grands que ceux proposés au départ, possèdent la fonction « aspirateur » qui manquait au premier du nom. Que les heureux possesseurs d’un Roomba ne soient pas inquiets, le Scooba ne remplace pas le Roomba car il ne s’occupe ni des moquettes, ni des tapis. En effet, il se contente d’aspirer les sols qu’il compte ensuite lessiver. On peut le cantonner à une pièce particulière puisqu’il utilise les fameux murs virtuels comme le fait le Roomba , gadgets qui, je le répète, peuvent être substitués par la fermeture pure et simple d’une porte ou bien barrer le passage avec un gros sac, un carton ou un parpaing, si vous en avez un qui trône dans votre salon. Par contre, contrairement à son grand frère, le Scooba n’est pas programmable et doit être lancé avant votre départ de la maison si vous souhaitez retrouver un sol propre en rentrant. De plus, une fois sa besogne achevée, il ne possède pas de base pour y recharger sa batterie, il a donc besoin que vous le branchiez vous-même sur le secteur. A ma grande tristesse, ce robot ne possède aucun détecteur (mis à part ceux lui permettant d’éviter de se jeter dans le vide). De ce fait, il ne « voit » pas la pièce et n’est donc pas capable de repérer la saleté comme le fait si bien Roomba. Scooba se contente donc de calculer des trajectoires lui permettant d’optimiser au mieux ses déplacements. Résultats ? Il repasse plusieurs fois sur la même zone afin d’assurer un nettoyage homogène. Si la zone était propre à l’origine, ça ne lui fait aucun mal, mais par contre, si vous aviez une grosse trace de botte, les multiples passages finissent forcément par en venir à bout. Cette absence d’intelligence est assez décevante, surtout si on compare au Roomba qui ralentit devant les obstacles ou s’acharne sur des zones très sales car son détecteur « Dirt detect » vient de se déclencher pour lui signaler d’insister un peu plus sur l’endroit.

Au départ, Scooba était un tout petit robot (9 cm de hauteur pour seulement 16 cm de diamètre environ) qui se contentait de laver et sécher le sol. Il lui fallait donc l’appui d’un Roomba, par exemple, qui s’occupait de préparer la pièce en l’aspirant préalablement. A présent, avec la série 300, Scooba a retrouvé une taille similaire à celle d’un Roomba et s’occupe également de la partie aspiration jusqu’alors réservée à son grand frère. Cela signifie-t-il que les possesseurs du Roomba doivent mettre leur précieux robot au placard ? Absolument pas ! Tout simplement car, si ces deux robots possèdent la fonction « aspirateur », l’un est entièrement dévoué à cela alors que l’autre ne le fait que pour préparer le sol pour le nettoyage. En effet, l’intérêt du Roomba est que, même s’il ne se contente que d’aspirer, il le fait bien et absolument partout. Tous les sols sans exception passent entre les brossettes expertes du Roomba. Ce qui n’est pas le cas du petit frère qui, non seulement n’a pas le droit ni aux moquettes, ni au tapis, mais en plus ne possède cette fonction que de manière secondaire. De plus, il est dépourvu de la petite hélice que possède le Roomba, et qui lui permet de déloger les saletés dans les coins et le long des plinthes. Donc je me permets d’insister sur la complémentarité des deux robots et que l’un ne peut pas vraiment remplacer l’autre.

Les (+) : un tout-en-un qui aspire, nettoie et sèche vos sols durs (carrelage, lino, parquets)
Les (-) : pas de socle de rechargement, pas de programmation ni télécommande, par de détecteur à saletés, bruyant

Braava

Braava, le Robot-lingette

Principe : Avec Braava, on passe à un robot de nettoyage avec une forme totalement nouvelle puisque ce dernier-né est carré. Le Braava est donc un petit assistant qui passe une lingette sèche, de type « Swiffer » pour dépoussiérer les sols, très pratique pour certains parquets, par exemple, qui nécessitent un nettoyage très doux. Egalement, il peut être utilisé avec des chiffons microfibres imbibés d’eau et de produit nettoyant, un peu comme si on passait la serpillère, ce qui permet un nettoyage d’appoint sur une petite zone. Les microfibres, lavables en machine, sont donc réutilisables ce qui peut s’avérer plus économique et plus écologique que des lingettes.

En pratique : Nul besoin de préciser que si votre appartement est presque entièrement recouvert de moquette, ce robot n’est pas fait pour s’occuper de votre intérieur. De même, si vous avez fait poser un sol granuleux, irrégulier ou rugueux, vous allez être assez embêtés. En effet, le système, bien que parfait pour les sols en parquet ou en lino bien lisses, montre malheureusement ses limites confronté à un sol avec des rainures un peu trop profondes comme entre les carreaux de carrelage. De ce fait, il ne convient pas à tout le monde bien que iRobot ait joué une bonne carte en proposant un produit « silencieux » prétendument capable de nettoyer durant votre sommeil (les heureux possesseurs de Roomba et de Scooba savent de quoi je parle dans la mesure où, lorsque l’un des grands frères s’acharne dans une pièce, on peine tout de même à entendre le son de la TV dans la pièce attenante tant son bruit de moteur et d’aspiration est puissant !). Le Braava est donc un robot qui nettoie intelligemment. Et son intelligence réside dans un petit cube livré avec l’appareil. Celui-ci, placé au centre de la pièce à nettoyer, donne à Braava toutes les indications dont ce dernier a besoin pour se situer dans l’espace. Et pour cause, le Braava, hormis celui qui l’empêche de monter les tapis ou de sauter dans l’escalier, n’a aucun autre détecteur lui permettant de repérer les obstacles ou les saletés. De ce fait, les meubles apprécient son pare-chocs mou dans la mesure où il est souvent amené à venir s’y cogner. Il vous suffit donc d’accrocher une lingette, sèche ou humide selon votre besoin, aux tampons magnétiques du Braava et de cliquer sur le bouton correspondant pour lui indiquer la marche à suivre, à savoir « Sweep » pour dépoussiérer ou « Mop » pour nettoyer à l’eau. Pour le nettoyage à sec, à moins que votre intérieur soit particulièrement constellé de grosses moumoutes de poussière, vous ne devriez pas avoir à intervenir avant qu’il ait terminé. Il sillonne la zone « intelligemment », c’est-à-dire qu’il passe partout une seule fois en poussant sagement sa lingette devant lui. Par contre, en mode nettoyage à l’eau, il effectue des va-et-vient intempestifs pour frotter le sol et il faudra donc régulièrement sauter sur la bête pour mouiller sa lingette une fois que cette dernière sera sèche. Cela signifie également que Braava ne peut malheureusement pas travailler sans surveillance. Finalement, le Braava, une fois sa tâche terminée, retourne tout seul à son point de départ. On se demande l’intérêt puisque, encore une fois, cette nouvelle version n’est pas vendue avec un socle de rechargement, comme on le voit avec les Roomba. Donc, cette fonctionnalité sert peut-être simplement à éviter de le chercher sous un meuble ou de devoir le récupérer avec le manche d’un balai s’il s’est égaré un peu trop loin sous le lit.

Le modèle Braava blanc (Braava 320) est maintenant accompagné d’une seconde version noire (Braava 380) avec les fonctionnalités qui manquaient au premier modèle. En effet, si le Braava 320 nécessitait l’intervention humaine une fois que sa lingette était sèche, un peu comme avec son seau et sa serpillère,  le modèle amélioré évite cet inconvénient puisqu’il est doté d’un réservoir d’eau lui permettant de remouiller seul sa lingette au fur et à mesure qu’il nettoie une pièce. Mais cette fonction a un coût supplémentaire, ce qui fait que ce modèle est plus cher à l’achat. Tout comme le Scooba, Braava est un robot aveugle, si bien qu’il sillonne la pièce sans réellement repérer les saletés ni les obstacles qui l’entourent. Inversement, il optimise parfaitement sa progression en longeant les plinthes et en n'oubliant aucun endroit s’il peut s’y faufiler.

Les (+) : Idéal pour les parquets et les sols « fragiles », silencieux
Les (-) : Pas de socle de rechargement, pas de programmation ni télécommande, pas de détecteur à obstacles et saletés

Alors, Etes-vous plutôt Roomba, Scooba ou bien Braava ? Ce qui m'étonne personnellement, c'est cette "perte" entre les modèles Roomba, précurseurs du nom, et les derniers-nés de chez Scooba et Braava. En effet, iRobot mise sur des robots aveugles, dépourvus donc des fameux détecteurs qui faisaient (et font encore) de Roomba un robot qui "voit" et qui adapte donc sa démarche de nettoyage en fonction des aléas de la pièce et des saletés présentes. Avec ce système, il est vrai que le robot a tendance à "oublier" des endroits, comme nous-même nous pourrions laisser quelques miettes ou faire l'impasse de certains coins. Roomba n'est donc pas infaillible. En comparaison, Braava ne voit rien mais, même s'il ne passe qu'une seule et unique fois, il n'oublie aucun coin. Ses passages sont scrupuleusement calculés pour faire en sorte qu'aucune saleté ne soit épargnée. On se demande donc ce qui semble objectivement le mieux : faire l'impasse sur l'intelligence pour permettre un résultat strictement impeccable ? C'est tout de même assez inquiétant. Pour ma part, c'est justement cette marge d'erreur qui me fait tant aimer mon Roomba. Et puis, grâce à ses "oublis", je peux le gronder pour un travail que je n'ai pas eu à faire. C'est moi le patron chez moi, non ? ^^ 

Infos complémentaires : Site du constructeur
Crédit photos : ©iRobot.com