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Projet initialement issu de deux campagnes participatives, l’une sur la plate-forme Indiegogo en mai 2015, puis l’autre sur Kickstarter en février 2016, le RocketBook Wave est le premier de la série proposée par la start up Rocket Innovations. Après une année et demi passée à mes côtés, de manière plus ou moins régulière, voici mon avis sur cet étrange idée mêlant écriture traditionnelle et high-tech, le tout arrosé d’un soupçon de magie. Alors, véritable innovation ou pure escroquerie ? Je vous déballe mes impressions dans ce test.

PRESENTATION

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Mon Rocket est arrivé sous un film plastique transparent, tout juste glissé dans une enveloppe. Vous me direz, ce n’est qu’un cahier, pas besoin de le protéger autant que la TV 4K que je ne peux pas me payer. Oui, mais… Déjà, pour la première impression, c’était un peu dommage. Les heures d’avion, le passage en douanes (parce que oui, le mien vient de très loin), les périples de la Poste, tout ceci s’est malheureusement vu au déballage puisque le Rocket était légèrement tordu et des premières marques de griffures venaient déjà d’apparaitre sur sa couverture. De plus, le boudin de la reliure étant en plastique, l’un des cercles s’était même détaché durant le transport, ce que j’ai pu néanmoins refixer sans séquelles apparentes. Ouf ! Le format du carnet tient plus du carré que du rectangle standard avec des dimensions de 24.2 cm par 22.5 cm (boudin inclus). Mais pour revenir à la reliure, cette dernière est en carton, contrairement à ce que laissaient présager les photos de démo du projet. Sa surface n’est protégée par aucun film transparent ni couverture, ce qui fait que le moindre frottement, les chocs et les différentes utilisations ont créés des marques indélébiles de griffures, la teinture s’efface de manière inégale par endroits, sans compter les coins cornés et les bords usés. Mon Rocket est déjà vieux Oo.

UTILISATION

Chaque page du RocketBook Wave comporte des éléments identiques qui reviennent à chaque fois : un QR code est placé en bas, au ras du boudin, accompagné d’une série de 7 icônes. Un rappel de ces icônes est également présent sur la page interne de la couverture, à la fin du cahier, et ce afin de renseigner le nom du dossier d’archives correspondant à l’image. Nous verrons par la suite pourquoi lorsque nous aborderons la question de l’application. Le lignage est en pointillé espacé, comme les Bullet carnets permettant d’écrire ou de tracer par guidage, sans être contraints par un quadrillage trop prégnant. Chaque page est également numérotée, le cahier n’en totalisant que 80, mais comme le papier utilisé est très épais, limite cartonné, on obtient un carnet d’une grande épaisseur avec un certain poids. Toutefois, ceci donne tout de même l’avantage aux pages de ne pas baver, quel que soit le type de stylo utilisé, feutres et marqueurs compris.

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L’APPLICATION DEDIEE

Disponible sur Google Play et AppStore, l’application RocketBook permet de numériser les pages afin d’en conserver une sauvegarde sur un cloud. Ainsi, chaque page du carnet peut être archivée de manière automatique dans un système de cloud défini en fonction de l’icône qui aura été griffonnée en bas de la feuille. A titre personnel, les pictogrammes choisis ne me plaisent pas du tout, si ce n’est le logo de la marque qui est plutôt rigolo. Pour le reste, sans s’étendre sur les goûts et les couleurs de chacun, trouver une association d’idées entre une pomme et son budget vacances risque de créer des nœuds au cerveau. Heureusement qu’il reste le pense-bête en fin de carnet… Chaque icône permet donc de rediriger la sauvegarde de la page dans un emplacement défini parmi plusieurs proposés par l’appli : sans les citer tous, vous avez pas mal de choix entre votre mail, Evernote, un drive (chez Google, Microsoft ou Dropbox), etc… Et surtout, la possibilité de choisir une destination bien distincte pour chaque archive. Mais comme il faut impérativement créer un compte avant d’accéder aux fonctionnalités de l’application, c’est vers le mail renseigné juste avant que toutes les archives sont automatiquement paramétrées. Libre à vous de modifier au besoin.

NETTOYAGE DU CARNET

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La principale innovation du RocketBook est tout de même cette manière toute particulière, pour ne pas dire étrange, avec laquelle on peut tout simplement l’effacer, à condition bien évidemment d’avoir suivi la consigne de base : n’utiliser que des stylos friXion de la marque Pilot. Non content de pouvoir supprimer très facilement une rature par simple gommage avec la partie arrière du stylo, ce sont également les seuls à être étudiés pour effectuer le petit tour de magie promis par la marque. Ainsi, une fois le carnet terminé et chacune de ses pages sauvegardées grâce à l’application, nul besoin de le ranger ou de le jeter car il est possible de le nettoyer intégralement. Comment ? En le passant au four micro-ondes ! Oui, vous avez bien lu, un simple tour de manège dans le four permet de faire disparaitre en « totalité » toutes les écritures, les dessins ou autres œuvres qui le garnissent. Pour cela, il suffit de poser le cahier sur le plateau tournant de l’appareil accompagné d’une tasse d’eau. Plusieurs passages de 30 secondes, sous étroite surveillance et sur chacune des faces, comme les grillades, permet de redonner un coup de neuf au carnet. Zouh ! Mais je ne vous cacherais pas que cette étape est assez délicate, et c’est d’une manière plutôt fébrile que l’on relit plusieurs fois le petit tuto fourni par le fabricant avec de lancer sa première cuisson. Résultat ? Et c’est là que la magie perd un peu de sa saveur. Car oui, les écritures ont bien disparu des pages, mais pas totalement. Subsistent encore, de manière fantomatique, les restes des proses qui inondaient les pages. Lorsqu’on a utilisé des stylos de couleur bleue ou violette, le résultat parait presque propre mais si on a plutôt privilégié le noir fourni avec le carnet, ce sont des écritures jaunâtres qui persistent. Beurk ! Et à la longue, la superposition de ces rémanences calligraphiques n’est pas des plus agréable à utiliser.

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VERDICT

Même si le résultat n’est pas idéalement à la hauteur de la promesse, le RocketBook Wave remplit un cahier des charges particulièrement audacieux. Le carnet est en effet encore « brouillon », comme à l’état de prototype. Certaines erreurs de conception apparaissent, sans compter que sa séance de nettoyage ne le restaure malheureusement pas à l’état initial. De plus, en été, vous pouvez facilement perdre la totalité d’un précieux manuscrit après une courte période sur la banquette arrière de la voiture. La tuile ! Et ne parlons pas des stylos : une erreur d’inattention, un bic farceur qui effleure le papier et le carnet est foutu (ou presque…) Mais alors, deux questions se posent : combien de temps vais-je pouvoir garder mon carnet, et surtout, combien de fois pourrais-je le passer au micro-ondes ? Officiellement, indéfiniment, mais ce n’est pas vrai.  En réalité, comme démontré plus haut, chaque prose laissant une marque indélébile sur le papier, soit par de micro-sillons, soit avec des traces jaunâtres d’écritures, cela ne permet pas à la page de retrouver sa netteté originelle. Vous serez donc rapidement tenté de changer de carnet, sauf si celui-ci ne sert que de bloc-notes un peu brouillon.

Remarque : Malgré ses faiblesses, le concept continue de me plaire et je vais finalement faire l’acquisition de son petit frère le RocketBook Everlast qui fera l’objet d’un nouveau test. Voyons si la génération suivante a su améliorer les lacunes du pionnier ^^ Mais à quand la conception d’un agenda perpétuel ?

CONCLUSION

(+) Qualité et taille et lignage des pages. Carnet effaçable au micro-ondes. Système de numérisation très pratique

(-) Reliure et couverture fragiles. Principe de nettoyage laissant des traces. Conception à améliorer.

Infos complémentaires : site du fabricant