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Comme tous les projets un peu farfelus mais résolument innovants, le Bionic Bird est issu d’une campagne de financement réussie sur la plate-forme Indiegogo en 2014, lancée par une Start-up française, XTIM BIONIC BIRD. Il s’agit en fait d’un drone mais, contrairement aux quadricoptères habituels, celui-ci prend un aspect tout particulier puisqu’il possède un corps en forme d'oiseau. Je vous propose donc de découvrir cet étrange volatile.

PRESENTATION

Le Bionic Bird existe sous 3 modèles et donc 3 gammes de prix : la version Avitron contenant l’oiseau et une télécommande, un appareil RC comme la majorité des drones de premier prix et les petites voitures. La version intermédiaire est dite Starter Kit et permet cette fois le pilotage de l’oiseau par le biais d’un smartphone. Enfin, celle que je vous propose de voir ici est la version Deluxe contenant non seulement le même oiseau que la version Premium mais accompagné de son œuf de rechargement.

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La version Deluxe est un très joli coffret monochrome, plutôt classe et épuré. A l’intérieur, rien ne se bouscule puisque l’oiseau et ses accessoires sont parfaitement maintenus dans une mousse prédécoupée aux différentes mensurations. Un bon point côté packaging. Une fois la bête extirpée de son emplacement, on découvre qu’il s’agit d’un corps en polystyrène avec des ailes découpées dans un plastique ultra fin et déployées largement. Ces dernières ne se replient pas pour le rangement, une idée d’amélioration qu’il faudrait peut-être creuser. Personnellement, je ne suis pas fan des avions en polystyrène, ils me rappellent beaucoup les hélicoptères Sylverlit qui avaient tendance à embrasser trop souvent les murs avant de s’écraser. J’avais alors peur pour l’intégrité de la carcasse et sa capacité à regagner les airs. Ici, le moulage de l’oiseau est moins grossier que celui des petits hélicos, avec des courbes plus lisses et fluides malgré le manque de noblesse du matériau. La totalité des composants est englobée dans la mousse, y compris la batterie ce qui laisse à penser que cette dernière n’est pas remplaçable, malheureusement. Une partie métallique, ainsi que l'antenne, sont tout de même visibles sur le dessus, près de l'interrupteur, mais cela ne devrait pas se voir en vol. Les ailes semblent également aussi fragiles que le corps, l’aspect membranaire du plastique donnant l’impression de risquer la déchirure à la moindre chute. La présence d’une seconde paire d’ailes dans l’emballage permet tout de même de se rassurer un peu.

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CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

  • Taille : 33cm ailes déployées
  • Nombre d’hélices : 2 ailes
  • Batterie : 55 mAh
  • Type de vol : intérieur / extérieur
  • Système de contrôle : smartphone (existe également en version télécommande 2.4 Ghz)
  • Type de déplacement : similaire à un véritable oiseau
  • Caméra embarquée : non
  • Résolution vidéo : N/A
  • Gamme de prix : de 39 euros à 99 euros

 

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UTILISATION

  • Préparation de l’oiseau

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Avant de commencer, il est important de s’assurer que l’œuf de l’oiseau soit complétement chargé. En effet, loin d’être simplement un simple support, cet objet est une sorte de batterie externe qui permet de le recharger une dizaine de fois. Contrairement aux drones standards dont il faut attendre 30 minutes et parfois jusqu’à plus d’une heure, le petit volatile est alors prêt en 12 minutes seulement. De plus, cela évite également de faire pendouiller lamentablement l’oiseau au port USB de son ordinateur, l’œuf faisant directement le travail. Bien évidemment, le chargement auxiliaire n’est pas nouveau, il existait déjà sur des petits engins qui pouvaient être reliés à leur télécommande (Robofish de Zuru, Picoo Z de Silverlit…) mais cette méthode a tout de même l’avantage d’être plus élégante ^^

  • Installation de l’application dédiée

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Téléchargeable sur le store d’Apple et sur Google Play, l’application du nom de « Bionic Bird » est disponible gratuitement et s’installe aussi bien sur smartphone que sur tablette. Le Bionic Bird s’y connecte par le biais d’une liaison Bluetooth suite de quoi il est également possible de nommer son oiseau. L’intérêt devient évident lorsqu'on possède plusieurs oiseaux enregistrés sur le même smartphone. Particulièrement complète, elle reprend les bases de connaissances, avec un manuel téléchargeable ainsi qu'un guide consultable, tout en proposant différents modes de pilotage : à une ou deux mains, et à la manière d’un joystick ou en utilisant l’inclinaison de l’écran. Le plus sage est donc de tester toutes ces méthodes pour repérer facilement celle qui convient le mieux.

  • Premiers essais de pilotage

Que vous soyez complètement débutant ou un grand amateur de drones, ne lancez pas votre oiseau directement dans le jardin, à moins bien sûr que vous ne souhaitiez avoir une bonne excuse pour provoquer une rencontre avec le(a) voisin(e) ! La prise en main demande en effet quelques essais plus ou moins concluants qu’il vaut mieux effectuer dans un espace suffisamment vaste et sûr pour ne pas le voir s’égarer dès le tout premier vol. Pour ma part, adepte des drones de tous formats, j’ai pour habitude d’étrenner leurs hélices dans mon salon. Non content de ne pas risquer de loger mes engins dans un arbre, cela m’évite également de passer pour une truffe devant tout le quartier. Rien de mieux que son petit chez soi pour s’entrainer un peu, n’est-ce pas ? Et justement, le Bionic Bird est présenté comme « pouvant évoluer dans un espace clos », sa vitesse pouvant au besoin être modulée afin de lui éviter de se projeter dans tous les coins de la pièce. Et compte tenu de la dextérité nécessaire pour éviter les différents obstacles, je me dis que cette réclusion me permettra certainement d’acquérir les bons réflexes avant de m’aventurer en extérieur. Quelle naïve je fais ^^ ! Déjà, sachez que le Bionic Bird ne décolle pas comme un drone. En effet, dépourvu de train d’atterrissage, son ventre repose lamentablement sur le sol ce qui fait que, si on lance les gaz dans cette position, il se débat comme un noyé en agitant désespérément les ailes. De ce fait, on notera déjà une petite différence avec le quadricoptère car l’oiseau nécessite d’être lancé d’une main, tandis que l’autre garde les doigts sur les commandes du smartphone. Pour cette gymnastique même anodine, un petit entrainement s’impose. Une fois lancé, mon élégante hirondelle tient davantage du pigeon affolé et c’est dans une cacophonie d’ailes furieuses qu’il entreprend de lui-même un virage à gauche pour se planter… dans le sapin de Noël. Bon, ça va, rien de méchant. J’en conclus qu’il nécessite une petite rectification de son calibrage. Pour ce faire, le fabricant a fourni des autocollants argentés qui ressemblent à de petits morceaux de papier alu. Il suffit d’en appliquer un (ou deux) sur l’extrémité de l’aile opposée pour voir l’oiseau redresser son assiette. C’est mieux. L’oiseau vole et traverse presque noblement le salon, mais la pièce, malgré ses bonnes dimensions, est bien trop étroite pour espérer entreprendre un virage ou maitriser quoi que ce soit. Le volatile finit inexorablement par embrasser le mur ou le plafond. La bonne nouvelle, c’est que l’exercice a particulièrement plu à mon chat qui s’est découvert une nouvelle activité : la chasse du piaf fou ! Et autre bonne nouvelle, il faut bien avouer que l’oiseau est solide. Contrairement à l’idée que l’on pouvait en avoir au moment du déballage, tant le carénage que les ailes résistent aux chocs, aux chutes et même aux chats !

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VERDICT

Un simple mot : conquise ! Non seulement l’aspect général de l’oiseau est particulièrement touchant, mais son comportement dans les airs est juste bluffant. Et lorsqu’on vient de passer ces 4 dernières années à faire décoller des quadricoptères qui se ressemblent tous, ce petit bijou est vraiment rafraichissant. Les impressions de fragilité, compte tenu du poids très faible du corps, de la finesse des ailes, ainsi que l’utilisation de mousse polystyrène, s’avèrent finalement fausses si bien que, sans être à toute épreuve non plus, l’oiseau supporte assez bien les chutes et rencontres brutales avec les murs et autres aléas du salon. Il est tout de même important de rappeler que, même s’il s’agit d’un jouet, il n’est pas à mettre entre toutes les mains : il serait hasardeux de le confier à un enfant ou pire, de laisser le chat l’attraper en vol comme au sol. La conception reste plutôt tournée vers un public plus adulte. Pour ma part, il va me falloir encore quelques séances pour espérer le maitriser car le pilotage du Bionic Bird est bien plus compliqué que celui d’un drone standard. Non seulement le décollage, mais également les commandes, n’ont rien à voir et c’est avec une petite pointe de honte que j’ai découvert que je ne savais absolument pas le contrôler. Mais néanmoins, il demeure un jouet particulièrement réussi et qui mérite qu’on s’y attarde.

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CONCLUSION

(+), vols particulièrement jolis. Recharge par œuf pratique et élégante.

(-) Corps en polystyrène. Batterie non remplaçable. Prise en main assez difficile.

Infos complémentaires : site du fabricant